Nous sommes presque certains de dépasser l’objectif de 1,5°C de l’Accord de Paris sur le climat de 2015.
Dans le contexte: Les émissions mondiales de dioxyde de carbone provenant de la combustion de combustibles fossiles augmentent chaque décennie, les niveaux actuels étant jugés nettement supérieurs à ceux de la fin du XXe siècle. Malheureusement, de nouvelles recherches suggèrent que la situation ne fera que s’aggraver dans les prochains jours, alors que le rythme du réchauffement climatique reste une source de préoccupation majeure.
Selon une étude menée par le Global Carbon Project, les émissions de carbone devraient atteindre un nouveau record historique cette année, avec une croissance comprise entre 1,1 et 2,1 pour cent, contre un taux de croissance moyen de 0,5 pour cent par an au cours de la dernière décennie. Les résultats faisaient partie du rapport sur le budget mondial du carbone, publié lors du sommet climatique COP28 à Dubaï la semaine dernière.
Malgré la lutte contre la déforestation, les émissions globales de CO2 provenant de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz devraient atteindre 36,8 milliards de tonnes cette année. Ce chiffre est encore plus élevé si l’on inclut les émissions terrestres, le total pouvant atteindre 40,9 milliards de tonnes. Le niveau d’émission est similaire à celui de l’année dernière, montrant un plateau en raison des mesures prises par une poignée de pays dans certaines régions du monde. Toutefois, ce n’est pas une réduction drastique qui est nécessaire pour éviter un changement climatique cataclysmique.

L’étude estime également que nous dépasserons assez régulièrement l’objectif de 1,5°C de l’Accord de Paris au cours des prochaines années, et que les dirigeants du monde devront relever leurs chaussettes pour maintenir la hausse en dessous de 2 degrés Celsius. Selon le professeur Pierre Friedlingstein, chercheur principal du Global Systems Institute d’Exeter, « l’action visant à réduire les émissions de carbone provenant des combustibles fossiles reste extrêmement lente » malgré l’augmentation des dégâts et de la destruction dus aux conditions météorologiques extrêmes dues au changement climatique.
Cependant, tout n’est pas sombre, car certaines régions du monde prennent des mesures pour réduire efficacement les émissions de carbone. Selon le rapport Global Carbon Budget, l’Europe et les États-Unis prennent l’initiative de réduire leur empreinte carbone, mais le monde dans son ensemble doit faire davantage pour prévenir un changement climatique dangereux qui alimente des conditions météorologiques extrêmes dans de nombreuses régions écologiquement sensibles du monde.
L’équipe de recherche qui a rédigé le rapport comprend plus de 120 scientifiques provenant de 90 institutions à travers le monde, dont l’Université d’Exeter, l’Université d’East Anglia (UEA), le Centre CICERO pour la recherche internationale sur le climat, l’Université Ludwig-Maximilian de Munich, et plus encore. .



