Google est à nouveau en difficulté avec l’Office fédéral allemand des cartels. L’organisme allemand de surveillance de la concurrence accuse le géant des moteurs de recherche de contrecarrer les concurrents du service de cartographie « Google Maps ».
Ce n’est pas la première accusation contre Google
La relation entre l’Office fédéral allemand des cartels et Google est probablement mieux décrite par les mots « ils se connaissent ». Après tout, l’autorité censée garantir une concurrence loyale et fonctionnelle en Allemagne a déjà accusé la grande entreprise technologique américaine de quelques violations du droit applicable. Un peu plus tôt cette année, nous avions signalé que l’Office fédéral allemand des cartels avait lancé une « surveillance étendue des abus » pour le géant des moteurs de recherche. Il apparaît ici clairement que les autorités allemandes font preuve d’une saine méfiance à l’égard du comportement de Google qui respecte le droit de la concurrence. Et cela s’applique d’ailleurs également à d’autres sociétés technologiques américaines. D’autres noms bien connus comme Amazon et Apple doivent également régulièrement faire face à l’organisme de surveillance de la concurrence.
Mardi, le 21.06.22, l’autorité a annoncé qu’on procéderait à nouveau contre la société mère de Google, Alphabet, et en quelque sorte aussi contre la filiale allemande « Google Allemagne ». Dans le cadre d’une nouvelle procédure, il s’agit de deux indices différents qui pointent vers une infraction au droit de la concurrence. Dans les deux cas, Google est accusé d’avoir bloqué l’accès des concurrents du marché à ses propres cartes Google Maps. Par conséquent, cette dernière a dû subir un sérieux désavantage sur le marché. Étant donné que de nombreuses autres entreprises associent leurs services à Google Maps, l’intégralité des données de Google est souvent essentielle. C’est pourquoi ce que l’on appelle le « regroupage » avec les données de Google est souvent une question de vie ou de mort sur le marché des logiciels.
Restriction possible de Google sur les services
Le président de l’Office fédéral allemand des cartels, Andreas Mundt, craint désormais que Google puisse étendre encore davantage sa suprématie en poursuivant cette pratique. Finalement, il apparaît que Google proposerait bon nombre de ses services Maps uniquement en tant que « programme de service complet ». Cela signifie que vous ne pouvez bénéficier du large éventail d’informations du service de cartographie que si vous utilisez vous-même Google Maps. Au vu de la gigantesque masse de données que l’entreprise technologique peut présenter, le choix semble presque sans alternative. En particulier, d’autres fournisseurs plus petits comme OpenStreetMap ont simplement besoin de données pour pouvoir suivre à mi-chemin. L’Office fédéral allemand des cartels souhaite désormais réexaminer les actions de Google dans le cadre de la nouvelle procédure.
Mais à cette accusation s’ajoute une autre accusation complètement différente. Cela montre clairement à quel point le marché automobile est devenu important pour Google. Après tout, des services tels que Google Maps ont pratiquement anéanti toute une industrie sous la forme d’appareils de navigation. L’action de Google dans le domaine des logiciels pour automobiles est le deuxième point d’interrogation que le Bundeskartellamt souhaite clarifier dans ses travaux. Selon Mundt, Google a des conditions de licence douteuses qui doivent absolument être revues. Cela implique, par exemple, le fait que le service interdit expressément aux services d’infodivertissement et de cartographie de fonctionner ensemble. Il s’agit certainement de l’utilisation d’Android Auto.
Enfin une courte procédure antitrust
Les procédures de l’Office fédéral des cartels ont la réputation de prendre plusieurs mois, voire plusieurs années. Pour changer cela, une nouvelle version de la loi contre les restrictions à la concurrence (GWB) est entrée en vigueur en 2021. Elle permet à l’organisme de surveillance de la concurrence d’utiliser une procédure juridique raccourcie pour atteindre plus rapidement son objectif et mettre fin plus rapidement aux pratiques prétendument illégales. Le fait que des procédures raccourcies soient régulièrement utilisées depuis l’entrée en vigueur de la réforme législative montre que l’autorité est satisfaite du nouvel outil dans sa boîte à outils. S’il s’avère que Google aurait enfreint le droit allemand de la concurrence, l’autorité gagnera en outre du temps dans l’application des lois. Enfin, l’amendement a également modifié le parcours des instances. Désormais, la procédure serait portée directement devant la Cour fédérale de justice.



