Bonne nouvelle pour Telefónica, Telekom, Vodafone et Orange. Suite à leur projet en partie controversé de créer une plateforme publicitaire commune, l’UE a désormais donné son feu vert au projet. Les grandes entreprises de télécommunications souhaitent désormais commencer à le mettre en œuvre le plus rapidement possible.
Coentreprise de Deutsche Telekom et Telefonica
Dans le secteur des télécommunications, la concurrence est acharnée depuis des années entre de grands noms comme Telekom et Telefonica. Mais apparemment, les deux grands acteurs du marché semblent vouloir faire cause commune avec les autres grands noms Orange et Vodafone. Au moins dans un segment de marché. Le projet est de créer « une plateforme technique pour la publicité numérique en Europe. Les quatre partenaires souhaitent alors s’occuper de l’exploitation de celle-ci sous la forme d’une société commune. Les quatre entreprises ont présenté leur projet au public le vendredi 10 février 2023. Afin de ne pas faire de vaines promesses, elles avaient toutefois obtenu au préalable le feu vert des autorités compétentes.
Le succès du contrôle des fusions a été rendu public par l’UE elle-même. Du point de vue de la Commission européenne, il n’y aurait probablement aucune crainte que la coentreprise viole le droit de la concurrence applicable. Dans le cadre de la notification émise par Deutsche Telekom et d’autres, les quatre sociétés ont également précisé que chacune d’elles détiendrait une participation de 25 pour cent dans l’entreprise. Le siège social de la société sera alors situé en Belgique. De plus, pour éviter toute action partisane, la société nouvellement créée doit être dirigée par une « direction indépendante sous la supervision d’un conseil de surveillance nommé par les actionnaires ».
Contrepoids à Google et Cie.
La Commission européenne se réjouira probablement même de la fusion des quatre grandes entreprises. En effet, dans le segment de la publicité en ligne, ce sont encore aujourd’hui les grandes entreprises technologiques américaines qui donnent le ton. Google, en particulier, est le leader du blocage depuis de nombreuses années. Il existe désormais une opportunité de mettre en place une véritable alternative. Cela ne devrait pas profiter uniquement aux partenaires publicitaires, qui pourraient éventuellement recevoir de meilleures offres grâce à la nouvelle concurrence. En outre, la Commission se réjouit de la conformité avec le droit de l’UE. En particulier, le règlement général sur la protection des données (RGPD) et d’autres exigences légales fondamentales ont déjà été intégrées dans la phase de conception. La nouvelle entreprise commune repose par conséquent sur une base juridique fiable. Ce qui peut arriver si ce n’est pas le cas est expliqué clairement par Google et Meta à intervalles réguliers. Par exemple, pas plus tard qu’en janvier 2023, Google a reçu une lettre d’avertissement de l’Office fédéral allemand des cartels.
Meta, la société mère à l’origine des plateformes à succès Facebook et Instagram, a à son tour dû payer une amende à l’autorité irlandaise de protection des données le même mois. La nouvelle plateforme est alors censée offrir, par exemple, une protection des données nettement meilleure. Les bannières publicitaires gênantes doivent également être restreintes. La coentreprise promet que les utilisateurs ne recevront de la publicité que s’ils l’acceptent expressément. Étant donné qu’il faudra probablement un certain temps avant que la dernière version du Privacy Shield convenu entre l’UE et les États-Unis n’entre en vigueur, la nouvelle concurrence pour Google and Co. est une véritable bénédiction. Avec le Privacy Shield, qui est actuellement encore sur le point d’être jugé adéquat, l’objectif est d’obtenir une meilleure protection des données pour les citoyens de l’UE. Leur traitement des données aux États-Unis est actuellement encore plus que discutable au regard de la loi sur la protection des données.
La maison d’édition Axel Springer comme objet de test pour Telekom
La plateforme publicitaire qui sera exploitée par la coentreprise est basée sur « TrustPid ». C’est là que les atouts des experts en télécommunications entrent en jeu. Grâce à la technologie, ils sont capables de relier les comptes clients aux numéros de téléphone. Ici, un partenaire publicitaire peut utiliser un token, bien entendu uniquement à la demande du client correspondant, et prendre immédiatement contact ou placer une annonce. Si le client ne le souhaite pas, il devrait être possible de désactiver le consentement rapidement et facilement via le site Internet correspondant. Afin de garantir une sécurité maximale des données, Deutsche Telekom souligne que le numéro de téléphone ne peut pas être filtré du jeton numérique. Un test réalisé chez Axel Springer aurait prouvé que la technologie fonctionnait bien. La grande maison d’édition allemande a accepté un test avec Telekom et ses trois partenaires.
L’entreprise commune a réussi à impressionner la Commission européenne non seulement sur la question de la protection des données. La législation antitrust n’aurait également suscité aucune inquiétude. Cependant, les experts s’en doutaient déjà à l’avance. Après un examen approfondi du projet de création de l’entreprise, rien n’indique que la concurrence serait altérée. Bien au contraire. Le fait qu’il existe un nouveau fournisseur de publicité devrait aider la concurrence à se rétablir un peu. Après tout, personne en Europe n’a pu rivaliser avec Google et Meta. Il n’est donc pas surprenant que la Commission européenne ne voit aucune exclusion d’autres prestataires. Par ailleurs, Deutsche Telekom souligne également dans sa communication qu’elle souhaite mettre également les possibilités de la nouvelle plate-forme à la disposition d’autres opérateurs de réseau.
La collecte de données reste un gros point d’interrogation
En théorie, tout cela semble merveilleux. Néanmoins, il existe également des voix isolées qui portent un regard quelque peu critique sur le projet. L’accent n’est en aucun cas mis sur les préoccupations liées au droit de la concurrence. La question de la protection des données joue plutôt un rôle majeur parmi les critiques. Bien que la Commission européenne ait souligné que le nouveau projet serait également pleinement conforme au RGPD, les défenseurs de la protection des données s’en inquiètent particulièrement. Après tout, on ne sait pas encore exactement comment les données clients nécessaires seront collectées. Même un consentement correspondant, comme le prévoit effectivement le RGPD, n’est pas encore apparent. Dans l’état actuel des choses, il est possible d’empêcher a posteriori à tout moment un contact, mais le consentement repose précisément sur le fait qu’il doit être donné à l’avance. En tant qu’organisation faîtière des organisations de protection des consommateurs en Europe, le BEUC appelle à davantage d’efforts de la part de la Commission européenne à cet égard. Il est donc possible que des améliorations en matière de protection des données suivent.



