Une étape majeure vers les futurs réseaux de communication optiques de très grande capacité
Prospectif : Les câbles à fibre optique constituent l’épine dorsale des communications modernes basées sur Internet, transférant des zettaoctets de données par an depuis tous les coins du monde numérique. La technologie de la fibre optique doit donc évoluer à un rythme accéléré, car la demande de trafic de données ne fait qu’augmenter, sans jamais diminuer.
Une équipe internationale de chercheurs de l’Institut national japonais des technologies de l’information et des communications (NICT), de l’Université de technologie d’Eindhoven et de l’Université de L’Aquila a atteint une nouvelle capacité de transmission sans précédent sur un seul câble à fibre optique. Les scientifiques ont pu transférer 22,9 pétabits par seconde (ou 22 900 térabits/s), en combinant différentes technologies pour doubler le précédent record mondial de 10,66 pétabits par seconde.
Le câble à fibre optique doit faire face aux demandes toujours croissantes de trafic de données émanant des entreprises et des utilisateurs d’Internet, expliquent les chercheurs, en utilisant des solutions avancées de transfert de données telles que des technologies de multiplexage utilisant l’espace et la longueur d’onde. Le premier utilise des fibres optiques « avancées » contenant plusieurs chemins (ou canaux) optiques dans une gaine commune, a indiqué NICT, tandis que le second améliore la capacité de transmission totale en augmentant la bande passante avec de nombreux canaux de données indépendants multiplexés par répartition en longueur d’onde (WDM).
Les chercheurs japonais ont réussi à réaliser un multiplexage par répartition spatiale (SDM) avec plus de 100 canaux spatiaux, en construisant un câble à 38 cœurs à trois modes où chaque cœur peut transférer entre 0,3 et 0,7 Pb/s. La capacité de transmission totale du nouveau câble à fibre optique était de 22,9 Pb/s, mais le résultat inclut également une surcharge liée aux capacités supplémentaires de correction d’erreurs.

Avec un codage mieux optimisé, des niveaux de taux de transfert allant jusqu’à 24,7 Pb/s pourraient être atteints. C’est plus de 1 000 fois le débit de données disponible via les systèmes de communication par fibre optique actuellement déployés, ont expliqué les chercheurs.
Avant d’entrer sur le marché, la nouvelle technologie de transfert nécessiterait une nouvelle amélioration de l’infrastructure de télécommunication traitant de la technologie de la fibre optique. Des fibres à très grande capacité seront nécessaires pour les futures communications Internet, a déclaré NICT, car la demande de trafic de données devrait augmenter de trois ordres de grandeur, soit 1 000 fois.
La nouvelle étude internationale fournit la première démonstration pratique et réussie de la combinaison du WDM multibande et du SDM utilisant une fibre multimode multicœur. Ce type de technologie constituera une avancée clé pour les futurs réseaux à fibre optique. Le document a été accepté comme présentation après la date limite lors de la 49e Conférence européenne sur la communication optique qui s’est récemment tenue à Glasgow.



