Une nouvelle réglementation pour les fournisseurs de VPN est entrée en vigueur en Inde, interdisant l’utilisation anonyme des services, les privant ainsi de tous les avantages. Les fournisseurs de VPN réagissent et quittent le pays.
Fini l’utilisation anonyme
Au cœur de la nouvelle réglementation, édictée par le Équipe indienne d’intervention en cas d’urgence informatique, est le stockage obligatoire de diverses données personnelles de tous les utilisateurs VPN par des sociétés VPN basées en Inde. Les noms des utilisateurs, l’adresse IP qui leur est attribuée, l’heure d’utilisation du VPN, l’adresse IP utilisée lors de l’inscription au service VPN, une adresse e-mail ainsi qu’une adresse postale et un numéro de téléphone doivent être stockés. Ces données doivent être conservées pendant cinq ans. Le règlement devait initialement s’appliquer à partir du mois de juin. Après une prolongation de la période de transition, elle est entrée en vigueur lundi.
En fin de compte, la réglementation signifie s’éloigner de l’utilisation anonyme des VPN. Les utilisateurs qui doivent fournir toutes ces données sont transparents dans l’ensemble de leur comportement de navigation tant pour les fournisseurs VPN que pour l’État, qui peut leur demander les données. Cependant, le but de l’utilisation d’un VPN est généralement précisément de désactiver la traçabilité habituelle de ses activités au profit d’une meilleure protection de la vie privée. En bref, les services VPN sont utilisés dans un souci d’anonymat, désormais interdit en Inde. De plus, quiconque utilise un service VPN basé en Inde surfera désormais de manière moins anonyme que tous ceux qui utilisent Internet sans VPN – car alors, au moins, leur adresse postale, leur adresse e-mail, leur nom et leur numéro de téléphone ne le seront pas. doivent être divulgués immédiatement, même s’ils peuvent régulièrement être vérifiés grâce à des efforts techniques.
Les services VPN refusent
Les principaux fournisseurs de VPN ont répondu au décret en quittant l’Inde. NordVPN, ExpressVPN, Tunnelbear et Proton ont annoncé qu’ils retireraient leur matériel d’Inde à temps pour éviter l’obligation d’appliquer les nouvelles règles. Le PDG de Proton, Andy Yen, avait déclaré au le journal Wall Street que les exigences indiennes portent atteinte à la liberté d’Internet et mettent en danger les militants et les lanceurs d’alerte. Ces groupes de personnes en particulier ont souvent recours aux services VPN pour échapper aux persécutions politiques. Yen a ajouté qu’il trouvait très triste que la plus grande démocratie du monde ait choisi cette voie. Il a ajouté que Proton ne se soumettrait pas à de telles réglementations, similaires aux régimes totalitaires de Chine et de Russie, et ne participerait pas à une surveillance de masse.
La liberté sur Internet en Inde est en déclin
Selon Freedom House, Internet en Inde n’est que « partiellement gratuit ». Le blocage d’Internet est parfois imposé dans le pays, qui abrite le deuxième plus grand nombre d’internautes au monde après la Chine. De plus, des milliers de sites Internet sont bloqués par l’État. Les services VPN sont également importants ici : ils permettent de contourner de tels blocages. Dans l’ensemble, on peut constater que la liberté sur Internet en Inde a continué de décliner ces dernières années. Le décret du Équipe indienne d’intervention en cas d’urgence informatique contribue désormais à réduire davantage ce phénomène. Entre-temps, l’institution, qui fait partie du ministère de l’Électronique et de l’Information, a justifié cette décision par sa mission de coordination des mesures d’urgence en cas d’incidents de cybersécurité – pour lesquels elle a besoin de données appropriées, qui dans de nombreux cas ne sont pas disponibles. jusqu’à présent et n’est pas facile à obtenir.
On ne sait toujours pas si la réglementation aura réellement un impact drastique sur les utilisateurs d’Internet en Inde. Bien que les principaux services se soient retirés du pays, nombreux sont ceux qui ont annoncé qu’ils continueraient d’être accessibles aux Indiens – sans collecter de données. Cependant, il n’est pas encore clair dans quelle mesure cela sera réalisable.



